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L'artiste Lakwena à Londres

Elle transforme tout ce qu'elle touche... et bien plus. Non seulement l'artiste Lakwena Maciver transforme des paysages urbains en ciment gris en quelques coups de peinture métallisée, mais elle ajoute également un kaléidoscope de couleurs éclatantes et d'éléments graphiques, remarquables et valorisants à son art public. C'est la métamorphose urbaine suprême. À l'instar d'un nouveau rouge à lèvres brillant, ses murales éclatantes ont le pouvoir de revigorer et d'encourager les personnes qui les regardent. « J'aime que tout le monde puisse voir mes peintures lorsqu'elles sont dans la rue. Ce n'est pas élitiste », explique Lakwena.

Nous nous sommes rendus à Londres, domicile de Lakwena, pour découvrir en personne comment son esprit créatif fonctionne et où elle puise son inspiration. Nous avons d'abord visité son atelier niché dans Ridley Road Market, zone animée et éclectique, puis elle nous a entraînés dans une aventure colorée que nous n'oublierons jamais.

The Wink : votre art est coloré, valorisant et positif. Quand avez-vous commencé à peindre?
Lakwena Maciver :
J'ai étudié en arts graphiques et en illustration, mais c'était très ouvert. Je me suis concentrée sur les beaux-arts et j'ai développé une approche très conceptuelle. Si l'idée est là, on peut en faire ce que l'on veut. Ça peut être un film. Ça peut être une danse. J'ai choisi de peindre. De grandes peintures.

CdO : Oui, effectivement! Vos murales sont tellement énergisantes. Nous aimons beaucoup celle où il est écrit « Where did all the beauty come from? ».
LM :
Je l'aime aussi! Je l'ai créée dans le cadre d'un projet communautaire et tous les enfants du quartier m'ont aidée à la peindre. Nous nous sommes bien amusés. Faire de grandes peintures est quelque chose qui m'est venu tout naturellement. J'ai maintenant des murales à Las Vegas, à Miami et à Vienne et j'en ai aussi quelques-unes qui sont prévues à Londres cette année. J'aime réaliser de grands projets qui ont de l'impact. Ça me vient librement et naturellement. Instinctivement.

CdO : Qu'est-ce qui vous inspire?
LM :
La décoration m'inspire énormément. Esthétiquement, j'aime la façon dont les gens trouvent leur style, les vêtements qu'ils portent et décorent leur maison. Je trouve cela magnifique et très naturel.

CdO : Comme vos lèvres rouges. Préférez-vous les couleurs audacieuses pour les lèvres?
LM :
Oui! Lorsque je m'habille bien, j'aime porter un rouge à lèvres éclatant. Ça complète une tenue.

CdO : En parlant d'être inspirée par les décorations, vos bijoux sont magnifiques.
LM :
Ces bijoux sont tous en laiton massif. L'un est une vieille pièce de trois pence. Un autre provient d'un bijoutier local ici à Hackney. Deux sont des bagues équitables provenant du Kenya. Le bracelet est un cadeau de ma sœur. Elle voyage beaucoup en Afrique et me rapporte des choses. Mes boucles d'oreilles viennent du Mali et ont été fabriquées par la tribu Fulani.

CdO : Nous avons aimé notre visite chez Pelicans & Parrots. Pourquoi est-ce votre endroit préféré?
LM :
J'aime ce qui est d'époque. J'y vais même si je n'ai rien à acheter, juste pour me laisser inspirer. J'aime les choses uniques et ils en ont. J'adore la décoration de la boutique. J'adhère aussi à l'idée de ne pas encourager la fabrication de tonnes de vêtements commerciaux, mais de réutiliser des choses magnifiques et bien conçues.

CdO : Vous avez aussi dit aller dans les magasins de tissus de Ridley Road Market pour vous inspirer. Qu'est-ce qui vous attire?
LM :
Une fois de plus, c'est la décoration. La vue des couleurs, des tissus et des textures réunis est magnifique. Je ne suis pas créatrice de mode, mais quand j'étais plus jeune et que j'entrais dans un magasin de tissus, je me disais toujours : « Wow, j'aimerais faire quelque chose avec ça ». Je suis encore comme ça! Le magasin de tissus à côté de mon studio, Dalston Mills Fabrics, est génial. J'y entre et je suis entourée de choses magnifiques.

CdO : God's Own Junkyard est aussi un festin pour les yeux. Comment l'avez-vous trouvé?
LM :
Je l'ai découvert alors que je créais une enseigne lumineuse pour une exposition qui avait pour but de soutenir Refuge, une association caritative pour femmes battues. Plusieurs de ces enseignes électriques dérivent de celles qui font la promotion de bars avec serveuses aux seins nus, de danseuses... ce genre de choses. Je déteste ça. Parfois, elles sont embellies et présentées comme quelque chose de mignon, mais je crois qu'elles sont en fait sinistres et oppressives. Mais elles m'inspirent beaucoup esthétiquement et je respecte le savoir-faire concernant leur création. J'ai donc voulu les utiliser comme moyen pour véhiculer un message positif. Sur mon enseigne lumineuse pour Refuge, est écrit : « She lights up the night ». L'idée derrière est que, même dans la noirceur, on peut s'illuminer.

Photos : Benjamin Madgwick | Tel que raconté à : Rachel Hayes